Alain Beaulieu

Département d'histoire

Téléphone : 514-987-3000 poste 1588
Local : A-6140
Courriel(s) : beaulieu.alain@uqam.ca

Alain Beaulieu

Alain Beaulieu est entré en fonction au département d’histoire de l’UQAM en 1999, après avoir agi, durant quelques années, comme consultant en histoire auprès de plusieurs organismes (musées, ministères, groupes autochtones…).

Spécialiste de l’histoire des Autochtones, il a fait ses études de maîtrise et de doctorat à l’Université Laval. Il s’est d’abord intéressé à l’histoire de l’offensive missionnaire en Nouvelle-France. Son mémoire de maîtrise, qui traitait de l’entreprise de conversion des Jésuites auprès des Amérindiens nomades de la vallée du Saint-Laurent, a été publié en 1990, dans une version remaniée. Au doctorat, il s’est tourné vers l’histoire politique, réexaminant les relations franco-iroquoises pour la période allant de 1600 à 1660. Sa thèse s’attachait au projet politique des Cinq-Nations de la ligue iroquoise, qui, pour reprendre leur propre formule, souhaitaient « ne faire qu’un seul peuple » avec les Français. Depuis une dizaine d’années, il s’intéresse particulièrement à l’histoire des alliances franco et anglo-amérindiennes, de même qu’au processus par lequel les Autochtones de l’est et du centre du Canada ont été progressivement dépossédés de leurs terres et placés sous la tutelle de l’État canadien. L’étude de ce processus est d’ailleurs au cœur des travaux menés dans le cadre de la Chaire de recherche du Canada sur la question territoriale autochtone, qu’il dirige depuis 2004.

  • Histoire des alliance franco et anglo-amérindiennes
  • Histoire des rapports politiques et juridiques entre l’État et les Autochtones (XVIIe-XIXe siècles)
  • Histoire de la dépossession territoriale des Autochtones
  • Histoire de la mise en tutelle des nations autochtones
  • Édition critique de textes de la Nouvelle-France et du Régime britannique

Projets de recherche en cours

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Chaire de recherche du Canada sur la question territoriale autochtone

La recherche entreprise dans le cadre de cette chaire se concentre sur les anciennes colonies britanniques du centre et de l’est du Canada. Elle couvre une période charnière dans le processus qui conduit à la dépossession territoriale des Autochtones et à leur mise en tutelle, celle qui va de la conquête de la Nouvelle-France (1760) jusqu’à l’adoption de la première Loi sur les Indiens (1876), qui formalise le système des réserves indiennes dans un carcan juridique strict.

Le programme de recherche s’articule autour de trois grands axes.

  1. Les problèmes de la judiciarisation de l’histoire autochtone

    Le premier axe de recherche de cette chaire s’inscrit dans le cadre de la réflexion épistémologique sur l’écriture de l’histoire autochtone. Nous entendons y contribuer à travers un angle précis : celui des problèmes soulevés par la réalisation de recherches historiques sur les Autochtones dans un contexte juridique où l’histoire sert de fondement à des droits spécifiques. Ces problèmes se manifestent plus ouvertement dans les travaux résultant de mandats confiés par des organismes gouvernementaux ou par les Premières Nations, mais la « commande » n’est qu’une des manifestations des pièges de la judiciarisation de l’histoire autochtone. Les implications du carcan juridique débordent largement le cadre de la recherche commandée : elles imprègnent de diverses manières le regard que les chercheurs des sciences sociales et humaines portent sur le passé des Premières Nations ou sur des tranches spécifiques de ce passé susceptibles d’appuyer ou de contester des droits. À travers ce premier axe de recherche, il s’agit notamment d’analyser les impacts de la jurisprudence sur les études historiques traitant des Autochtones. Le territoire autochtone se présente comme un champ d’investigation privilégié pour une réflexion sur l’instrumentalisation de l’histoire, dans la mesure où la quasi-totalité des droits qui sont revendiqués ou contestés ont une portée territoriale, qu’il s’agisse des territoires ancestraux, des terres fréquentées pour la chasse ou encore des réserves.
  2. Les conditions de la dépossession et les modalités de la réponse amérindienne

    Ce deuxième axe porte sur les conditions matérielles, politiques et juridiques de la dépossession territoriale et sur les diverses modalités de la réponse amérindienne. La dépossession résulte d’abord du choc de deux logiques territoriales opposées : celle des Autochtones, qui sera progressivement marginalisée, et celle des colons et des entrepreneurs eurocanadiens, qui s’imposera comme la logique dominante, surtout à partir du XIXe siècle. Si elle résulte de nouvelles réalités économiques, la marginalisation territoriale des Autochtones témoigne aussi de l’émergence et de l’affirmation d’un nouvel État colonial. Au plan politique et juridique, la dépossession territoriale des Amérindiens se réalise en effet dans le cadre de la constitution d’une nouvelle souveraineté sur le territoire, celle des Britanniques, dont le Canada moderne est l’héritier. Cette souveraineté s’érige face à une autre — celle des Premières Nations — qu’elle doit supplanter, processus qui passe par le contrôle du territoire et la constitution d’une nouvelle légitimité juridico-politique. Nous entendons étudier le cadre idéologique et juridico-politique dans lequel se réalise la dépossession territoriale des Autochtones, pour voir comment elle est légitimée par les autorités coloniales et canadiennes. Le questionnement sur la manière dont les acteurs britanniques et eurocanadiens de cette époque ont rationalisé le processus de dépossession ne peut être dissocié d’une étude des rationalisations amérindiennes. La confrontation des logiques territoriales sur le terrain se combine à un affrontement entre des rationalisations juridiques souvent divergentes. Mais si les « forces de l’histoire » jouent contre eux, les Amérindiens n’assistent pas passivement au processus qui conduit à leur confinement progressif dans les réserves : ils protestent, revendiquent, cherchent à faire valoir leurs droits, invoquant leur occupation ancestrale des lieux, des promesses faites par les Britanniques, des traités, la Proclamation royale ou encore la tradition d’alliance avec les Européens. Sans banaliser les impacts de la dépossession, l’analyse des rationalisations des Autochtones permet de leur redonner un rôle d’acteurs historiques et de mettre en valeur leurs propres conceptions de leurs droits et des rapports qui les unissaient aux puissances coloniales venues s’établir en Amérique du Nord.
  3. La réserve comme nouvel espace autochtone

    La création des réserves indiennes, qui découle de la dépossession, redessine un nouvel espace autochtone, fait de fragments des terres que les Amérindiens avaient longtemps été les seuls à occuper et à utiliser. Par ce troisième axe de recherche, nous entendons étudier la constitution de ce nouvel espace, pour dégager : a) le cadre idéologique dans lequel a germé et a évolué l’idée de réserver des espaces clos et restreints pour les Autochtones ; b) la formation concrète de ces nouveaux lieux et le rôle respectif des différents acteurs engagés dans ce processus (qu’il s’agisse de représentants du pouvoir colonial ou des nations autochtones).
    Site Internet: www.territoireautochtone.uqam.ca

Étude sur la présence des communautés métisses historiques au Québec

Chercheurs : Laurier Turgeon (histoire), coord., Alain Beaulieu (histoire) et al. (autres que des membres du CELAT) Financement : FQRSC, 2006-2008 (Actions concertées)

Francophones et Autochtones en Amérique du nord (16e-21e siècles) : transferts culturels, interculturation et métissages

Chercheurs : Laurier Turgeon (histoire et ethnologie), coord., Réal Ouellet (littératures), Denys Delâge (ethnohistoire et sociologie), Shenwen Li (histoire), Alain Beaulieu (histoire) et Daniel Arsenault (archéologie) Financement : FQRSC, 2005-2009 (équipes de recherche)

Édition critique de l’Histoire de l’Amérique septentrionale, de Bacqueville de la Potherie (1722)

Ce projet de recherche vise à préparer une édition critique et annotée de l’Histoire de l’Amérique septentrionale de Bacqueville de La Potherie (1722, 4 tomes), dont plusieurs historiens ont déjà souligné la grande valeur pour l’histoire de la Nouvelle-France (Roy, 1897 ; Marion, 1923 ; Desrosiers, 1945 ; Cliche, 1980 ; Havard, 1992 et 1999). Comme les autres grands textes du Régime français (ceux de Champlain, de Lescarbot, de Charlevoix, des jésuites, de Lahontan…), l’œuvre de La Potherie suscite d’ailleurs un intérêt croissant dans le contexte du développement des recherches sur l’histoire des nations autochtones, en plein essor depuis les années 1980. Le récit de La Potherie accorde en effet une place centrale aux nations amérindiennes et s’impose comme une source incontournable pour reconstituer l’histoire des alliances franco-amérindiennes dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

Notre objectif est de rendre cette œuvre plus accessible aux chercheurs de différentes disciplines (historiens, littéraires, anthropologues…), qui s’intéressent soit à la Nouvelle-France, soit aux nations autochtones, soit encore à la littérature de voyage. Nous voulons préparer une édition qui soit fiable — c’est-à-dire fondée sur un texte authentique et appuyée par un protocole d’édition rigoureux — et facilement utilisable, donc accompagnée d’un appareil critique qui situe l’auteur, l’œuvre et son contenu dans leur contexte historique.

Publications et communications

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Livres

Guerre et paix en Nouvelle-France, sous la direction d’Alain Beaulieu, Québec, Les éditions GID, 2003, 271 p.

Amérique française : l’aventure, Alain Beaulieu et Yves Bergeron, Montréal et Québec, Fides et Musée de la civilisation, 2002, 124 p.

La Grande Paix : chronique d’une saga diplomatique, Alain Beaulieu et Roland Viau, Montréal, Libre Expression, 2001, 128 p. [traduction anglaise : The Great Peace : Chronicle of a Diplomatic Saga, Montréal. Libre Expression, 2001, 128 p.]

Un Français au « Royaume des bestes sauvages» (1634), édition de la Relation de 1634 du jésuite Paul Lejeune, édition préparée avec la collaboration d’Alexandre Dubé, Montréal et Marseille, Comeau & Nadeau/Agone, 1999, 253 p.

Les Autochtones du Québec : des premières alliances aux revendications contemporaines, Montréal et Québec, Fides et Musée de la civilisation, 1997, 184 p.

CHAMPLAIN, Des Sauvages, texte établi, présenté et annoté par Alain Beaulieu et Réal Ouellet, Montréal, L’Hexagone, Coll. TYPO, 1993, 282 p.

Convertir les fils de Caïn : Jésuites et Amérindiens nomades en Nouvelle-France, 1632-1642, Québec, Nuit Blanche Éditeur, 1990, 177 p. [réimpression en 1994].

LAHONTAN, Œuvres complètes, édition critique par Réal Ouellet et Alain Beaulieu, Coll. «Bibliothèque du Nouveau Monde», Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2 tomes, 1990, 1474 p.

Articles, parties de livres et actes de colloque

« Les traités avec les Autochtones du Canada. De l’alliance à l’assujettissement (1760-1876) », dans Être Indien dans les Amériques. Spoliations et résistance. Mobilisations ethniques et politiques du multiculturalisme, sous la direction de Christian Gros et Marie-Claude Strigler, Paris, Éditions de l’Institut des Amériques & Éditions de l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine, 2006, p. 17-26.

« Les origines du statut distinct des Autochtones du Canada », Les Autochtones et le racisme : braver les préjugés, Actes du colloque (26-27 septembre 2003), Mont-Saint-Hilaire, Les Éditions Ushket-André Michel, 2005, p. 79-114.

« Missions et alliances politiques en Nouvelle-France au XVIIe siècle », dans Madeleine de la Peltrie et les pionnières de la Nouvelle-France. Actes du colloque d’Alençon, avril-mai 2003, sous la direction de Jean-Marie Constant, Lhamans, Université du Mans, 2004, p. 103-109.

« La paix de 1624. Les enjeux géopolitiques du premier traité franco-iroquois » dans Guerre et paix en Nouvelle-France, sous la direction d’Alain Beaulieu, Québec, Les éditions GID, 2003, p. 53-101.

« Les garanties d’un traité disparu : le traité d’Oswegatchie, 30 août 1760 », Revue juridique Thémis, vol. 34, no 2, 2000, p. 369-408.

« Les Hurons et la Conquête. Un nouvel éclairage sur le “traité de Murray” », Recherches amérindiennes au Québec, vol. 30, no 4 (2000) p. 53-63.

« Les pièges de la judiciarisation de l’histoire autochtone », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 53, no 4, printemps 2000, p. 541-551.

« L’importance stratégique des Sept-Nations du Canada (1650-1860) », avec Jean-Pierre Sawaya, Bulletin d’histoire politique, vol. 8, no 2-3, hiver-printemps 2000, p. 87-107.

« Introduction : L’Iroquoisie de Léo-Paul Desrosiers : quelques repères dans une histoire complexe », Léo-Paul Desrosiers, Iroquoisie, tome 1, Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1998, p. xi-xxxii.

« Qui sont les Sept-Nations du Canada ? Quelques observations sur une appellation ambiguë », avec la collaboration de Jean-Pierre Sawaya, Recherches amérindiennes au Québec, vol. 27, no 2, automne 1997, p. 43-51.

« Les Hurons de Lorette, le “traité Murray” et la liberté de commerce », dans Les Hurons de Lorette, sous la direction de Denis Vaugeois, Sillery, Septentrion, 1996, p. 254-295.

« Du nomadisme aux réserves : histoire et culture des Montagnais du Québec », dans Les Indiens Montagnais du Québec : entre deux mondes, sous la direction d’Anne Vitart, Paris, Éditions Sépia et Musée de l’Homme, 1995, p. 11-33.