Jonathan Tourangeau

Jonathan Tourangeau

Jonathan Tourangeau est actuellement doctorant en muséologie, médiation et patrimoine à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où il mène ses recherches sous la direction de la professeure Monia Abdallah, en cotutelle avec le professeur Mohamed Lazhar à l’Université Ibn Zohr (UIZ) à Agadir, Maroc. Titulaire d’une maîtrise en muséologie (UQAM/UdeM,2021-204) et d’un baccalauréat en histoire de l’art avec concentration en muséologie et diffusion de l’art (UQAM, 2017-2021), il s’intéresse aux enjeux de représentation, de médiation et de muséalisation des patrimoines culturels dans des contextes postcoloniaux, transculturels et pluri-identitaires.

Ses recherches doctorales prolongent une réflexion amorcée lors de sa maîtrise sur l’institutionnalisation muséale de l’amazighité au Maroc et les dynamiques de reconnaissance et de représentation historico-culturelle du peuple amazigh. Elles explorent plus largement les enjeux de la représentation de l’amazighité dans les espaces culturels marocains, notamment dans le contexte des réformes politiques et culturelles de 2011. À travers une approche critique et décoloniale, il analyse les pratiques de représentation, les dynamiques de pouvoir et les mécanismes de légitimation de la pluralité identitaire et culturelle dans divers types d’espaces culturels. Il s’intéresse particulièrement aux choix curatoriaux, aux rapports de force, aux orientations culturelles imposées par les instances ainsi qu’aux démarches autonomes portées par les acteurs locaux, et ce, dans une perspective comparative et internationale. Ses expériences de terrain au Maroc et en Égypte, en particulier lors de son trimestre à l’Université du Caire, ont nourri sa réflexion sur les enjeux de décolonialité dans le contexte nord-africain et lui ont également permis d’apprendre l’arabe fousha et darija. Son stage en 2022 au Musée Pierre Bergé des arts berbères et au Musée Yves Saint Laurent de Marrakech lui a tout autant permis de mettre en pratique ses réflexions théoriques sur les approches décoloniales et la représentation des minorités, notamment à travers la recherche, la rédaction de textes d’exposition, et l’application de méthodes de travail réflexives et critiques.

En parallèle, Jonathan Tourangeau est également actif dans le milieu muséal et culturel. Depuis 2022, il est assistant de recherche et de coordination aux expositions au Centre de design de l’UQAM, où il a contribué à plusieurs expositions, notamment Design Textile Actuel (2023-2024), PARCOURS. 50 ans de créativité (2024) et BUONE NUOVE / GOOD NEWS : Women in Architecture (2025). En tant que membre de la Chaire de recherche en études et pratiques curatoriales de l’UQAM, et par le fait même du Groupe de recherche et de réflexion CIÉCO, il prend part à des cercles de lecture, des conférences et des discussions approfondies sur les pratiques curatoriales contemporaines. Jonathan a également travaillé dans des institutions telles que le Centre PHI, le Musée des métiers d’art du Québec et La Guilde, enrichissant ainsi son expérience en médiation, en conservation et en gestion de projets culturels.

Ses travaux s’inscrivent dans une volonté de déconstruire les récits dominants et de promouvoir des perspectives plurielles dans les institutions culturelles. Son parcours, qui combine théorie et pratique, témoigne de son engagement constant envers les enjeux de représentation, de médiation et de reconnaissance des identités culturelles marginalisées.Jonathan prépare des séjours de terrain au Maroc, notamment entre mai et décembre 2026, pour approfondir ses recherches et finaliser son projet de thèse en 2028.

  • Identité(s) et musée
  • Dynamiques de pouvoir
  • Politiques culturelles
  • Identités plurielles et diversité culturelle
  • Patrimoine matériel et immatériel marocain
  • Décolonialité, éthique et justice
  • Espaces culturels
  • Discours et polyphonies
  • Amazighité
  • Pratiques curatoriales, représentation et monstration
  • Muséalisation et patrimonialisation

Projet de thèse

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Titre provisoire : Musées et amazighité au Maroc : entre reconnaissance, narration et instrumentalisation

Direction de thèse : Monia Abdallah (UQAM), Cotutelle : Mohamed Lazhar (Université Ibn Zohr, Agadir)

Résumé du projet :

Ce projet de thèse examine la place de l’amazighité dans les musées marocains, à la croisée des enjeux de reconnaissance identitaire, de représentation culturelle et de justice mémorielle. Dans un contexte post-révolutionnaire, marqué par la révision constitutionnelle de 2011 et la reconnaissance officielle de la langue amazighe, ce travail cherche à comprendre comment cette culture est intégrée dans le paysage muséal marocain.

L’étude se concentre sur les tensions entre les politiques culturelles officielles et les initiatives autonomes visant à représenter l’amazighité, notamment à travers les expositions et musées dédiés à cette culture. Le projet interroge la manière dont les musées marocains abordent les différentes composantes de l’identité nationale – amazighe, arabo-musulmane et juive – et explore les stratégies institutionnelles qui cherchent à concilier diversité patrimoniale et unification nationale. En particulier, il s’intéresse à la construction et la diffusion des discours muséaux sur l’amazighité, à travers une analyse critique des dispositifs muséographiques, des choix curatoriaux et des politiques culturelles. La recherche s’interroge également sur les risques de folklorisation de l’amazighité et la fragmentation de l’identité nationale, tout en se demandant dans quelle mesure ces musées participent à une décolonisation des discours et des pratiques muséales.La thèse adopte une approche méthodologique pluridisciplinaire – historique, sociologique, anthropologique et muséologique – en s’appuyant sur des enquêtes de terrain, des entretiens avec des acteurs culturels et une analyse des pratiques muséales, tant dans les musées nationaux que dans ceux privés, ou encore, ceux spécifiquement dédiés à l’amazighité. Ce projet se déroulera en cotutelle entre l’UQAM et l’Université Ibn Zohr d’Agadir, ce qui permettra de croiser les perspectives locales et internationales sur la reconnaissance culturelle et les enjeux patrimoniaux.

Au-delà du cas spécifique du Maroc, cette thèse cherche à contribuer aux réflexions sur la muséologie décoloniale et à promouvoir une approche plus inclusive et critique de la représentation des cultures marginalisées, notamment à travers les institutions muséales.