Hassan Cherradi

Courriel(s) : cherradi.hassan@courrier.uqam.ca

Hassan Cherradi

Projet de thèse

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Notre recherche porte sur l’espace muséal consacré aux arts décoratifs de l’Islam entendue comme le monde arabo-musulman, (la céramique, le bois, le verre, le métal, le textile(notamment les tapis), les pierres précieuses ou les bijoux, etc.); et ses liens avec sa diaspora au Canada. Autrement dit, il s’agit d’étudier les stratégies de valorisation des arts décoratif de l’islam au musée des beaux-arts de Montréal. De la collection au musée, nombreuses sont les phases qui se traçaient. On devrait comprendre l’esprit des collectionneurs, les conceptions des conservateurs et des artistes à l’égard des arts des minorités visibles. Leurs perceptions sur les legs, les dons, les achats et les valeurs qu’ils accordent à ce genre de collections. Ces données nous permettre, d’évoquer les problèmes scientifiques des objets, à savoir leurs origines, leurs types et leur statut. Seules, les enquêtes rigoureuses, les entretiens et les statistiques pourraient être en mesure de nous apporter les échos sur les enjeux, les valeurs et la sémantique de ces arts décoratifs. Au MBAM, la joaillerie symbolise une partie mature de 6100 objets d’arts décoratifs et de design postérieurs à 1900. C’est la seule collection de bijoux d’une telle importance au Canada. L’exposition (permanente ou temporaire) implique une théorisation du procès de communication et un engagement du visiteur dans un processus de réception. Elle se détermine en tant que style d’agencement de supports entre eux (artefacts, documents scriptovisuels, dispositifs audiovisuels, représentations, regards, etc.).

Problématique et objectifs de recherche : Le premier axe : Comment le MBAM a développé et a valorisé ses collections des arts décoratifs islamiques à travers les présentations, les représentations et la conservation ? Quel type de muséalisation est consacré à ces arts ? Le deuxième axe: Quelles sont les rapports que MBAM entretient avec les communautés minoritaires visibles, particulièrement d’origine arabo musulmane? Ces minorités sont-elles considérées dans la représentation muséale? Quelles sont les perceptions, les contributions et les collaborations possibles? Comment la diaspora s’engage-t-elle dans la vie muséale québécoise? En effet, la valorisation des œuvres recouvre cinq dimensions qui sont:1)Acquisition et mise en collection: modes d’acquisition d’œuvres (dons, achats, legs ou prêts) s’intégrant à des ensembles d’objets déjà constitués. Requièrent documentation et classification : ouvrages catalogués avec des renseignements précis (origine, titre, artiste, datation, technique, dimensions, etc.).2) Conservation et restauration : intervention préventive (augmenter l’espérance de vie des objets) et réparatrices si nécessaire. Exigent des expertises parfois externes aux établissements et de l’équipement de pointe.3) Exposition et médiation : stratégies expo graphiques (récits, parcours, interfaces) et types d’accompagnement des publics (réguliers, occasionnels, scolaires, touristiques, etc.). L’énonciation du message repose, d’une part, sur les concepteurs et des commissaires, parfois autour de partenariats, et, d’autres part, sur les médiateurs qui cadrent le message des expositions selon le profil des visiteurs in situ et à distance.4) Éducation et animation : activités pédagogiques et ludiques, programmation culturelle (conférences, concerts, ateliers, boutiques). Prises en charge par des intervenants spécialisés qui s’ajoutent au personnel de base. L’animation s’étend également aux initiatives hors les murs tournés vers le public.5) Recherche et publication : la recherche scientifique sous-tend toutes ces dimensions. Elle justifie les acquisitions, est au fondement de la conservation et procure les éléments factuels et interprétatifs qui permettent d’élaborer les expositions et leurs discours ainsi que les programmes éducatifs associés. La publication découle de cette activité de recherche et contribue à diffuser ses résultats. D’autres résultats sont visés et attendus par notre recherche : Analyser les enjeux de la diversité qui sont nombreux. Cette dernière permet de rassembler des communautés aux parcours, expériences et perspectives variées, ce qui est censé de donner l’innovation et la créativité. Puis, la compétitivité puisque toutes les sociétés qui embrassent la diversité visent la performance. Ensuite, si l’environnement du travail est inclusif, l’engagement et le bien-être soient enrichies et valorisés. Comment peut-on donc, à travers les arts décoratifs et les musées contribuer à l’instauration d’une compréhension multiculturelle et une collaboration internationale? Projet final à proposer : Portrait de coopération (Multiculturel et Interculturel) internationale entre 5 musées : Musée d’art islamique à Toronto; musée des Beaux-Arts à Montréal; musée du Louvre Abu-Dhabi (Emirates Arabes Unies); musée d’art islamique à Doha (Qatar); musée du Quai Branly à Paris. La diversité que nous attendons, n’est pas seulement une conformité ou responsabilité sociale, mais elle est la clé stratégique pour le succès et la durabilité.

Méthodologie : Notre approche méthodologique comporte trois volets : historique, anthropologique et muséologique : L’approche historique nous guidera dans la réflexion sur des questions qui ancrent la mise en récit d’histoire dans le dispositif muséologique : Quel est le facteur d’attractivité du musée ? Quel genre d’histoire y est exposé, raconté et communiquée ?Comment le musée participe-t-il à la création de fictions en regard des communautés ? L’approche anthropologique nous permettra d’analyser les comportements affichés par le musée et leurs acteurs en ce qui concerne la construction des identités, notamment en respect des valeurs sociales attribuées au multiculturalisme, au métissage et à l’interculturel. Quant à l’approche muséologique, elle s’impose dans un premier temps pour cerner, décrire et réfléchir sur les techniques et pratiques muséographiques convoquées dans la mise en collection, la mise en exposition et la valorisation des œuvres issues du monde migrante. Mais, notre regard vise une réflexivité,- en parcourant les courants de pensée théorique de la muséologie,- qui pourra décortiquer et revendiquer le musée en tant qu’espace de questionnements épistémologiques (inter culturalisme et démocratisation; échanges et dialogue culturel; collaboration et contribution avec toutes les communautés. L’approche de comparaison avec le sens et le statut d’objets appelés arts décoratifs islamiques dans certains d’autres musées permettrait de mieux saisir ce qui en est dit, neutralisé ou masqué. Si plusieurs musées ont adopté le tournant communicationnel et commercial, ils ne l’ont pas fait pour les mêmes raisons et pour les mêmes logiques. Ainsi, en tenant compte des deux axes problématiques de recherche, nous avons opéré et élaboré la liste des outils de collecte de données avec un guide d’entretien qui comprend un questionnaire déterminant les problèmes cardinaux de notre esquisse. Autrement dit, afin de révéler ses composantes et de traduire ses interrogations en thèmes d’entretiens sur le terrain de recherche, nous avons transformé la problématique principale en quinze axes des questions détaillées. Il s’agit donc de documenter et analyser les perceptions et le statut varié de ces collections selon ceux qui les créent, les utilisent, les vendent, les acquièrent, les regardent, les conservent, les étudient, les collectionnent, et notamment les exposent ou même pas.