Flavio Cardellicchio

Courriel(s) : cardellicchio.flavio@uqam.ca

Flavio Cardellicchio

Titulaire d’une double maîtrise en Muséologie et en Archéologie, ainsi que d’un Certificat en Études avancées en Patrimoine et Tourisme (CAS), je conduis aujourd’hui une recherche fondamentale et appliquée au sein du programme doctoral en Muséologie, Médiation et Patrimoine à l’UQAM sur l’exploitation de technologies immersives et intelligentes telles que la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle en milieu muséal, spécifiquement en matière d’expographie numérique. Mon étude préliminaire sur « Le conservateur de musée face au paradigme d’une valorisation virtuelle de l’objet patrimonial et aux enjeux d’une expographie numérique immersive et participative » m’a permis d’obtenir une première subvention du Fonds de recherche Société et culture du Québec (FRSCQ) et d’effectuer un stage de recherche en milieu pratique au sein d’une entreprise montréalaise, Imagine360 (www.imagine360.marketing), experte dans la création de contenus de réalité virtuelle, augmentée et mixte en milieu culturel et d’affaires.

Mon projet doctoral s’inscrit ainsi dans une suite cohérente d’études académiques et d’expériences professionnelles axées sur l’emploi de technologies et techniques en milieu muséal et patrimonial notamment comme dispositifs de compréhension, conservation et valorisation numériques de biens culturels et de sites archéologiques. Dans cette perspective, je mentionne les projets conçus et gérés tels que la plateforme patrimoniale « La Collina dei Celti » (https://www.sauvonslemormont.ch/lacolline) concernant la valorisation numérique du site cultuel celte du Mormont, en Suisse, la visite virtuelle du Fort Ville-Marie, lieu de fondation de la ville de Montréal (http://www.imagine360.marketing/tour/pac/tourfinal.html), la fondation du groupe multidisciplinaire pour l’Art et la Culture, Nomads of Time, de même que la cocréation de l’association ArchaeoTourism, ainsi que tout récemment, la fondation du projet Manufacture44 (https://bit.ly/2QuLVNs) visant la création de projets et de contenus culturels patrimoniaux et touristiques numériques au Canada.

Parcours et intérêts de recherche

  • 2016 – aujourd’hui

Doctorat en muséologie, médiation, patrimoine Université du Québec à Montréal

Le conservateur de musée face au paradigme d’une valorisation virtuelle de l’objet patrimonial et aux enjeux d’une expographie numérique participative.

Directrice de recherche: prof. Marie Fraser.

  • 2013 – 2016

Maîtrise en Muséologie Université de Neuchâtel, Suisse

Le marketing relationnel muséal à l’ère du numérique : Les enjeux d’une activité génératrice d’audience, de revenus et de ressources, Directeur :  PhD Thomas Schmutz, Superviseur : PhD, Manon Blanchette

  • 1995 – 2001

Maîtrise ès Lettres  Université  de Lausanne, Suisse

Discipline principale : Archéologie

« La Culture de Golasecca et ses relations avec la Suisse occidentale durant la période du Hallstatt final », Prof. Gilbert Kaenel

  • 2010 – 2011

Certificat d’études avancées en Patrimoine culturel et Tourisme Université de Genève – HES-SO Valais

Certificat d’études avancées en Patrimoine culturel et Tourisme

« Walking the Edit : Le Patrimoine en mouvement : L’approche innovante d’une application informatique au service de la sauvegarde et valorisation du Patrimoine », Prof. Rafael Wasem Matos

  • 2013 – 2014

Certificat en gestion d’entrepreneuriat – HE-ARC, NEUCHÂTEL, SUISSE

Formation en gestion d’entreprises émergentes, Commission pour la Technologie et l’Innovation (CTI) – SUISSE

[1] réalité virtuelle, réalité augmentée, réalité mixte

  • Musée virtuel
  • Réalité virtuelle
  • Numérique
  • Participation sociale
  • Technologie

Projet de thèse

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Le conservateur de musée face au paradigme d’une valorisation virtuelle de l’objet patrimonial et aux enjeux d’une expographie numérique participative.

Dans une ère numérique saturée d’outils technologiques qui facilitent la création, la présentation, l’interaction et l’apprentissage de contenus, les musées ouvrent de plus en plus leurs collections et leurs expositions à une virtualisation de l’objet patrimonial, voire de l’espace dans lequel il est inscrit, pour livrer à un public « de ligne », mais aussi de site, une expérience participative innovante. Et pourtant, est-il vraiment le cas ?  L’usager du dispositif est-il réellement au cœur de l’expérience muséale offerte et participe-t-il à la construction et valorisation d’un savoir culturel qui se veut collectif et inclusif ? Nombre d’études démontrent comment le rôle du public au musée et en ligne se limiterait, au contraire, à un acte passif, descriptif et réceptif d’images et d’informations sélectionnées et élaborées par les professionnels du milieu sur la base de leurs connaissances scientifiques, ainsi que selon leur point de vue, à partir des collections muséales à disposition. Malgré les efforts portés par certains grands musées dans l’ouverture au public de leurs collections à travers l’offre d’expositions virtuelles, de MOOCS (Massive Open Online Courses) et de bases de données en libre accès, force est de constater l’absence de véritables solutions permettant à l’usager d’un dispositif d’interagir de manière significative avec les contenus proposés (audio-texte-photo-vidéos) en modifiant de ce fait leur utilisation notamment dans une perspective de cocréation de l’expographie numérique muséale. Les exemples qui attestent d’une réelle participation du public dans la construction d’une exposition virtuelle, et plus en général, du savoir autour d’un patrimoine culturel matériel et immatériel conservé au sein d’un musée, sont en effet rares.

Comment cette dimension participative et cocréative du public autour de la mise en valeur numérique de l’objet patrimonial au sein d’un nouvel espace virtuel muséal vient affecter les compétences actuelles du conservateur, voire la mission même de l’institution muséale? Est-il prêt à léguer son savoir scientifique et son expertise à un public-usager de dispositifs technologiques en quête d’une inclusion plus importante dans la cocréation de contenus, le partage des informations, voire dans l’enrichissement du savoir autour d’une collection et de son exposition virtuelle ? Dans ce cas, quels seront les critères et les paramètres, voire, plus en général, les standards qu’il faudra établir au sujet d’une expographie numérique muséale collaborative susceptible d’être manipulée, modifiée, voire déconstruite par les usagers du dispositif ? Est-il possible enfin de concevoir un nouveau modèle de musée virtuel participatif et inclusif ?

Si aujourd’hui une définition de la notion de musée virtuel n’a pas été encore officiellement livrée par l’ICOM, notons aussi comme peu d’auteurs et de chercheurs se penchent sur les questions de musée virtuel (Deloche[1]), d’expographique numérique (Gelinas[2], Terrisse[3], Baujard[4], Langlois[5]), de musée participatif 2.0 (Simon[6]), ainsi que sur l’écriture de l’exposition (Davallon[7]), selon une optique muséographique et expographique virtuelle. D’ailleurs, l’aspect sémiologique du discours dans un contexte d’écriture expographique numérique muséale, surtout d’un point de vue du récepteur de l’information (le public), est lui aussi peu étudié. J’aborderai cette question notamment à travers la relecture d’un texte littéraire fondamental comme « Lector in Fabula » de Umberto Eco. Cet éminent sémiologue nous dit dans son ouvrage que « le texte est une machine paresseuse, emplie d’espaces blancs et de non-dits et qui vit sur la plus-value de sens qu’introduit le lecteur » [8] : si pour Umberto Eco  le texte doit alors considérer à l’avance l’impact interprétatif de son lecteur qui en modifie de ce fait la trame originaire narrative de l’auteur, de même, selon nous, le conservateur, ou le commissaire de musée, doit tenir en considération la « carence encyclopédique » de connaissance, et technique ajoutons-nous, de son public lorsqu’il œuvre notamment dans l’interprétation, la valorisation et la communication de l’objet patrimonial (la collection) par le biais d’une exposition virtuelle. Nous devinons finalement l’importance pour un musée de bien connaître la typologie de son public, ses besoins, ses compétences, ses questionnements dans la formulation d’une expographie numérique de succès et de prévoir ainsi ce genre de « lecteur modèle » avancé par Umberto Eco dans son « Lector in Fabula », capable de coopérer jusqu’à l’actualisation du texte et, dans notre cas, à l’actualisation des contenus formulés autour d’une collection et présentés à travers une exposition virtuelle ou au sein d’un musée virtuel.

Le but de mon doctorat est ainsi d’enrichir les connaissances dans ce domaine de l’expographie numérique muséale encore peu exploré. De manière plus générale, cette recherche a l’ambition de contribuer à affirmer la muséologie en tant que discipline et science humaine dans les nouveaux champs de recherche théorique et expérimentale propres aux Digital Humanities. Dans cette perspective, la recherche offre une originalité surtout par son approche empirique et interdisciplinaire d’étude : à travers l’élaboration d’un projet de recherche-création (valorisé par l’obtention d’un stage en milieu pratique par le FRSC), je vise à concevoir et réaliser un nouveau modèle théorique et appliqué de prototype de musée virtuel immersif et participatif : le Nautilus VR Museum (NVRM). Puisant son inspiration dans ses grandes lignes de l’idée et de l’utopie de « musée à croissance illimitée » avancées dans les années ‘30 par l’architecte suisse Le Corbusier, le NVRM sera capable de livrer une expérience visiteur innovante collective dans un environnement immersif et interactif autour d’une collection muséale et d’une exposition virtuelle générée de manière semi-automatisée à partir d’un logiciel de gestion des collections (CMS) de libre accès, d’un algorithme, de modélisations en 3D d’objets et d’espaces et d’une application de réalité virtuelle. Le NVRM peut être considéré d’ores et déjà comme un modèle de musée virtuel collaboratif issu de cette réappropriation patrimoniale numérique qui place le public au cœur de l’expérience muséale l’invitant à réfléchir et créer du savoir autour d’une collection et de sa mise en valeur expographique. Le dispositif envisagé apporte aussi une nouvelle solution quant à la conservation et valorisation numérique autour de collections fragiles, sensibles, ou jamais exposées, entreposées au sein des réserves des musées, de même qu’il enrichit de données l’histoire des collections et des expositions au sein d’un musée. Nous étudierons comment ce dispositif, et plus en général cette hybridation numérique de l’institution muséale traditionnelle en matière de médiation culturelle et d’expographie numérique, soulève nombre de réflexions fondamentales en termes d’écriture d’une exposition virtuelle, de cocréation du savoir, d’accessibilité, de gestion et de diffusion numérique de l’information partagée, de patrimoines et musées virtuels. Nous questionnerons alors le rôle actuel du conservateur de musée face aux enjeux d’une muséographie et, plus spécifiquement, d’une expographie numérique de l’objet patrimonial de plus en plus participative, interactive et intelligente grâce aux potentialités apportées par des technologies immersives comme la réalité virtuelle, de CMS open source et d’algorithmes puissants élaborés sur la base de l’intelligence artificielle.

[1] Deloche, B. (2001). Le musée virtuel. Vers une éthique des nouvelles images. Paris : Presses universitaires de France.

[2] Gélinas, D., (2013). L’expographie numérique ou la question du comment !, Muséologies: les cahiers d’études supérieures, vol.6, n°2, p.65-80.

[3] Terrisse, M. (2013). Musées et visites virtuelles : évolutions et possibilités de développement. Muséologies, 6(2), 15–32.

[4] Baujard, C. (2012). Du musée conservateur au musée virtuel. Paris : Lavoisier.

[5] Langlois, E. (2015). Au-delà de l’évolution technologique : réflexion muséologique pour des cyberexpositions conséquentes et particularisées, dans Nouvelles tendances de la muséologie, ICOFOM Studies Series, 43a.

[6] Nina, S. (2010). The Participatory Museum, Museum 2.0, Santa Cruz, California.

[7] Davallon, J. (2010). L’écriture de l’exposition : expographie, muséographie, scénographie. Dans Culture & Musées, La (r)évolution des musées d’art, sous la direction de André Gob et Raymond Montpetit, nr.16, pp.229-238.

[8] Eco, U. (1985). Lector in fabula : Ou la coopération interprétative dans les textes narratifs. Milan/Paris : Bompiani/Grasset & Fasquelle. [Publication originale 1979, traduit de l’italien par M. Bouzaher.] Goody (Jack). 1979. La Rai

 

Publications et communications

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Publications

Le marketing relationnel muséal à l’ère du numérique : Les enjeux d’une activité génératrice d’audience, de revenus et de ressources. Mémoire dans le cadre du Master en Études muséales, Université de Neuchâtel, 2016, Direction, PhD Thomas Schmutz, superviseur, PhD Manon Blanchette.

« ArchaeoTourism: Archéologie et Tourisme en Suisse », Actes du Colloque Archéologie et Tourisme, Thoune 2012, sous la direction de Cynthia Dunning & Annemarie Willems, ArchaeoTourism2012 et alii, Druckerei Gassmann, Biel, 2013.

« Autant en emporte le vent », Chronozones, revue de l’Institut d’Archéologie et des de l’Antiquité, Université de Lausanne, en collaboration avec Isabelle Hefti, vol. 17 pp. 37-40, 2011.

« Walking-the-Edit: Patrimoine en Mouvement », travail de diplôme, Certificate of Advanced studies in Cultural Heritage and Tourism, Université de Genève, Lettres- Haute Ecole  de gestion et Tourisme, HES-SO Valais, sous la supervision du prof. Rafael Matos-Wasem, Genève, 2011.

« Professione archeologo », revue  Buongiorno Ticino, n.5, pp. 20-24, Lugano, 36Editore, 2010.

« Schliemann ed il sogno di Troia », revue  Buongiorno Ticino, n.3, pp. 28-31, Lugano, 36Editore, 2009.

« Quando sarò grande farò l’archeologo », revue  Buongiorno Ticino, n.2, pp. 37-40, 36Editore, Lugano, 2009.

« La Culture de Golasecca et ses relations avec la Suisse occidentale durant la période du Hallstatt final », Travail  de mémoire, Université de Lausanne, Faculté des Lettres, sous la supervision du prof. Gilbert Kaenel, Lausanne, 2001.

Projets multimédias

2017 – aujourd’hui

MANUFACTURE 44 – https://bit.ly/2QuLVNs Start-up, Montréal – Fondateur – Directeur général Projet entrepreneurial. Étudier, conserver, valoriser le Patrimoine culturel matériel et immatériel du Canada à travers les potentialités de la réalité virtuelle et augmentée.

2016 –  aujourd’hui

THE V-ART ROCK PROJECT – http://bit.ly/2oFocNw   Projet numérique, Montréal – Concepteur – Gestionnaire de projet Création d’une plateforme patrimoniale et d’une exposition muséale itinérante VR qui permet de découvrir le Patrimoine d’art rupestre canadien et les domaines du sacré autochtone à travers des tours virtuels et des contenus scientifiques.

2008-2016

NOMADS OF TIME – Groupe, SUISSE – Fondateur – Directeur Fondation d’un groupe multidisciplinaire d’archéologues, artistes, informaticiens pour la création de projets numériques dans un contexte de conservation, valorisation et communication du Patrimoine culturel Suisse. Idéalisation de la plateforme web, création de contenus, design, développement informatique.

2007-2009

COLLINA DEI CELTI – https://www.sauvonslemormont.ch/lacolline Plateforme, SUISSE – Concepteur – Gestionnaire de projet Idéalisation et création d’une plateforme web promouvant le Mormont, Vaud, parmi les plus importants sites religieux celtes d’Europe. Création de contenus, design.

2012 – aujourd’hui

ARCHAEOTOURISM2012 – Association, SUISSE, Co-fondateur, Reviseur des comptes Une association ayant pour but principal l’organisation de conférences, ateliers, événements autour des thèmes communs à l’archéologie et au tourisme. Communiqués de presse, réseaux sociaux, organisation du 1er colloque national suisse Archéologie et Tourisme, château de Thoune, 2012.

2009-2016

COURTS-MÉTRAGES SUISSE-CANADA – Réalisateur Into the Heart, Montréal, HDV, 6 min., 2016, Montreal’s Birthdate, HDV, 5 min., 2015, Upstairs, HDV, 25min., 2014, 5 meters under Zürich, MiniDV, 15min., 2015, selection à la XXIII edition de la Rassegna Internazionale del Cinema archeologico di Rovereto, Italie, La Collina e la Luna, MiniDV, 5min., 2009.

Bourses et prix

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2018 – FRQSC – Bourse de stage en milieu pratique

2018 – Bourse Figura, UQAM – Séjour de recherche Centre Pompidou

2017 – Prix Igor Naev, Concours « Mon entreprise », ESG UQAM, Catégorie Application Web – Mobile

2016 – Bourse d’étude UQAM – Chaire de recherche du Canada en Patrimoine Urbain – Lucie K. Morisset – Projet doctoral

2014 – Bourse du Fonds national Suisse pour la recherche scientifique – Maîtrise en muséologie Université de Neuchâtel

2011 – IIème Prix, Centovalli Film Festival, Locarno, Suisse et Mention de la critique, Festival dei Corti, Florence, pour le film « La Collina e la Luna »